
« Si je refuse aujourd’hui de me limiter dans mes activités, c’est avant tout par révolte. »
Dans un univers où les ambitions se heurtent à des barrières invisibles, la théorie du plafond de verre révèle une réalité troublante. De nombreuses femmes, riches de talents et de détermination, se retrouvent piégées dans un dédale d’opportunités limitées, observant avec frustration des horizons qu’elles peinent à atteindre. Malgré leurs compétences, leurs efforts inlassables et leur passion indéniable, elles sont trop souvent confrontées à des préjugés profondément enracinés et à des stéréotypes persistants qui les écartent des sommets qu’elles aspirent à conquérir.
Née le 25 octobre 1979, Nawell Madani est une humoriste, actrice et réalisatrice française d’origine algérienne. Connue pour son humour incisif et percutant, elle s’illustre sur scène avec des spectacles de stand-up qui abordent la vie quotidienne, les relations, la culture, l’identité et les stéréotypes. Sa carrière a pris son envol grâce à sa capacité à traiter des sujets variés avec une intelligence rafraîchissante et un humour mordant, faisant d’elle une figure emblématique du paysage humoristique francophone.
Dans cette interview, Nawell se révèle avec humour, sincérité et émotion, nous dévoilant des facettes inédites de son parcours et de sa personnalité partageant des réflexions qui résonnent profondément.
Réalisatrice , actrice , scénariste, productrice, showrunneuse, humoriste , styliste , D’où vient votre désir de ne pas vous limiter dans vos activités artistiques ?
Instinctivement, je dirais que ce sont la passion et la détermination qui me poussent à aller toujours plus loin. Mais ta question m’a plongée dans une réflexion aussi inattendue que piquante. Je fais partie d’une génération de femmes qui a grandi sous des oppressions invisibles mais bien réelles. Une phrase récurrente qui m’a longtemps hantée, c’est : « Reste à ta place. »
Ce n’est que récemment que j’ai compris la violence cachée derrière ces mots. Le fameux «plafond de verre», tu vois ? C’est beau comme métaphore, mais dans la réalité, c’est juste une barrière invisible qui nous empêche d’aller au-delà de ce qu’on nous impose. Culture, société, sexisme, tout ça s’entremêle pour te dire de ne pas dépasser ta condition.
Alors, si je refuse aujourd’hui de me limiter dans mes activités, c’est avant tout par révolte. Contre toutes ces injonctions absurdes ! Et tant pis si ça casse quelques vitrines au passage (c’est pas mon problème s’ils n’ont pas d’assurance contre le bris de glas).
Réalisatrice , actrice , scénariste, productrice, showrunneuse, humoriste , styliste , D’où vient votre désir de ne pas vous limiter dans vos activités artistiques ?
Instinctivement, je dirais que ce sont la passion et la détermination qui me poussent à aller toujours plus loin. Mais ta question m’a plongée dans une réflexion aussi inattendue que piquante. Je fais partie d’une génération de femmes qui a grandi sous des oppressions invisibles mais bien réelles. Une phrase récurrente qui m’a longtemps hantée, c’est : « Reste à ta place. »
Ce n’est que récemment que j’ai compris la violence cachée derrière ces mots. Le fameux «plafond de verre», tu vois ? C’est beau comme métaphore, mais dans la réalité, c’est juste une barrière invisible qui nous empêche d’aller au-delà de ce qu’on nous impose. Culture, société, sexisme, tout ça s’entremêle pour te dire de ne pas dépasser ta condition.
Alors, si je refuse aujourd’hui de me limiter dans mes activités, c’est avant tout par révolte. Contre toutes ces injonctions absurdes ! Et tant pis si ça casse quelques vitrines au passage (c’est pas mon problème s’ils n’ont pas d’assurance contre le bris de glas).
Quelles étaient vos aspirations lorsque vous étiez plus jeune ?
Comme beaucoup de jeunes, je rêvais de voyages, de grandes évasions... Sauf que j’étais hyper attachée à ma famille, mes potes, mon quartier. Et pour compliquer les choses, je détestais prendre l’avion et j’avais le mal de mer ! Bref, pas très pratique pour devenir globe-trotteuse. Les rendez-vous avec ma conseillère d’orientation, c’était comme des duels de mentalistes. Impossible de me projeter dans un job sérieux. Un jour, je voulais être riche pour combattre l’injustice ; le lendemain, je voulais combattre l’injustice pour être riche.
Et puis, petit à petit, l’idée de devenir artiste a commencé à faire son chemin. C’était encore flou, limite une intuition plutôt qu’un vrai projet. À 15 ans, «artiste» ça veut dire quoi ? Chanteuse, écrivaine, comédienne, peintre ? Je savais juste que c’était là. Alors j’ai protégé ce rêve jusqu’à ce qu’il devienne une certitude. Bon, le plan B, c’était de me tatouer le plan d’une prison sur le dos, mais heureusement, le plan A a fonctionné.
Comment décririez-vous votre personnalité dans la cour de récréation ?
À l’époque, on disait que j’étais un «garçon manqué», mais en vrai, j’étais juste une fille qui aimait se bagarrer et jouer au foot. Et puis, pour être honnête, c’était pas simple de se faire des copains quand t’as été brûlée au 3ème degré à deux ans et demi, que t’as perdu la moitié de ton cuir chevelu, et que t’as pas un balle pour t’acheter les fringues tendance. Ma mère, elle, avait ni le temps ni trop d’idées pour me coiffer, donc c’était tout un délire pour camoufler tout ça.
Au début, j’étais la risée de l’école. Je faisais partie de la «bande» des exclus : ceux qu’on disait qu’ils puent, les gros, les pauvres, les roux, ceux qui venaient à peine du bled et qui parlaient pas bien français. Et puis, un jour, j’ai découvert le hip-hop et Michael Jackson. Là, tout a changé. Il a suffi d’un spectacle de fin d’année pour que je devienne la Mia Frye de l’école Sainte-Marie à Anderlecht ! (Et ouais, j’ai des références d’époque, meuf, j’ai fêté mes 45 ans y’a une semaine... mais t’inquiète, je fais toujours mon petit moonwalk à chaque soirée. On est lààààà !!!)
Quel a été votre premier pas dans le monde du spectacle ?
Le pas de danse, évidemment ! La musique, la danse et le Hip-Hop, c’est mon premier amour, c’était naturel pour moi de me lancer là-dedans. Après l’école, je traînais à la maison de quartier du coin et j’ai monté mon propre crew. Très vite, on nous appelait pour participer à des battles ou pour des shows, que ce soit pour l’anniversaire d’une marque ou en première partie d’un concert.
Je montais les chorés, je faisais les montages son chez un pote DJ. À l’époque, y’avait pas tout dispo sur internet, donc il fallait avoir des contacts ou être touche-à-tout. Ça t’oblige à devenir super polyvalente. Je faisais tout : les chorégraphies, les maquettes musicales, le stylisme, et j’organisais même des shootings pour vendre notre team. C’était du système D, mais ça forge !
À quel moment est-il devenu une seconde nature pour vous ?
Petite déjà, j’avais capté la puissance de l’art et de la scène. J’ai gagné le respect de tout le quartier grâce à ça. J’étais différente, mais c’était ma force. Quand je me suis rapprochée du monde du spectacle, d’abord en tant que spectatrice, j’ai senti une attraction immédiate. Je voulais monter sur scène. Et dès que j’ai posé un pied dessus, c’était fini, je ne suis plus jamais redescendue. Je compare cette force à une gravité inversée : tout ce qui descend de la scène y remonte !
Très vite, j’ai plongé dans un monde d’adulte. On nous parlait déjà rémunération, fallait pas se faire enfler. On s’entraînait non-stop pour une chorégraphie de 6 minutes ! C’est là que j’ai compris que je pouvais en vivre... mais pas tout de suite, fallait travaillerr. Et ça, ça ne m’a jamais fait peur. J’ai enchaîné les salles, les disciplines, les représentations. La scène est devenue ma seconde nature, et en même temps ma seconde maison, là où j’accueille mes invités et leurs invités.
Vous avez maintenu un look de businesswoman, en tailleur, tout au long de votre carrière. Quels sont vos marques ou créateurs préférés ?
Ah non, pas du tout ! Au début de ma carrière, j’étais en legging et body. Mais bon, avec le temps et la gravité (merci !), j’ai dû passer à des costumes oversize.
Ça donne du style tout en restant confort ! Mes créateurs préférés ?
Ils sont nombreux et variés : ça va des plus classiques comme Stella McCartney, Alexander McQueen, et Kate Young, jusqu'à Guillaume Henry, Alexandre Mattiussi, Wanda Nylon, Rachel Scott, et Nathalie Chebou Moth. J’aime mélanger les genres et les époques, c’est tout moi !
Vous avez créé votre propre marque de vêtements. Pourquoi avez-vous choisi le nom "Erebya", et quelle importance accordez-vous à la mise en valeur des pagnes africains ainsi qu'aux modèles unisexes dans vos créations?
Les Erebia sont des papillons aux ailes colorées et tachetées. Ce nom, en plus d’avoir une sonorité orientale qui me parle, colle parfaitement à l'esprit de nos créations : des vêtements légers, aériens, et surtout pleins de couleurs. Depuis toute petite, je baigne dans une culture urbaine et métissée, et j’ai toujours eu une relation passionnée avec les vêtements et les couleurs. Ça vient du Hip-Hop, bien sûr, mais aussi de la danse, où le style vestimentaire est aussi important que la performance. Avec ma sœur, on customisait déjà nos tenues avant les castings pour qu’elles soient aussi stylées que confortables.
Quant à l’amour des couleurs vives, c’est carrément une influence congolaise. J’ai grandi entourée de sapeurs, pas ceux qui éteignent les feux, non, ceux qui les allument avec leurs tenues éclatantes ! Le wax, que j’utilise comme tissu de base, est une façon de rendre hommage à ces tontons et tatas qui ont illuminé mon enfance avec leur style. Le wax, même s’il vient d’Asie, fait partie intégrante de l’identité vestimentaire africaine, et ça me parle totalement.
Pour les modèles unisexes, c’était une évidence. Plus qu'une tendance, c’est un message d’émancipation. Si on partage le loyer et les responsabilités, on peut aussi partager les vêtements, non ? C’est une manière de casser les codes et d’affirmer une liberté dans la mode.
Vous avez déclaré que “la quarantaine, c’est la petite mort.” Quel est votre rapport au temps et à la vieillesse en tant que femme ?
Vieillir et se sentir vieillir sont deux choses distinctes que l’on vit très mal quand on laisse le décalage se creuser entre elle.
Je ne me suis pas sentie vieillir tout de suite.
Le milieu artistique est un milieu où toutes les générations se côtoient, dans lequel il y a une certaine continuité qui nous permet de garder une vraie fraicheur mentale. Mais cet enthousiasme permanent et l’impression que tout est toujours possible, nous plongent dans une illusion dont on sort petit à petit, contre notre gré, et non sans douleur.
La scène, par exemple, est impitoyable. On sent qu’on bouge moins vite, qu’on tient moins longtemps, qu’on met plus de temps à récupérer. Quand j’ai constaté que mon corps et mon cerveau n’étaient plus toujours d’accord, et que je ne pouvais plus twerker sans la présence d’un kiné, j’ai compris : J’ai vieilli.
A partir de là, on ouvre les yeux, on lit les commentaires sur les réseaux, on compte les likes, on évite les aliments qui augmentent l’acidité dans l’estomac, on achète des vêtements plus confortables. Et puis on regarde la montre, le calendrier, on passe du compte au décompte, il y a des dossiers qu’il faut régler, c’est maintenant ou jamais, et on a de plus en plus peur du jamais.
Les doutes deviennent si oppressants qu’ils nous rongent de l’intérieur et de l’extérieur, c’est ce que j’ai appelé « la petite mort ».
Heureusement, ma petite Lou est arrivée. Elle a redonné du sens à ma vie et m’a permis de me repositionner.
A partir de là, je suis entrée dans une étape absolument épanouissante de mon parcours, dans laquelle je mets à profits l’expérience que j’ai acquise, les compétences que j’ai développées, la maturité, les responsabilités. C’est l’étape de la transmission.
Aujourd’hui, plus le temps passe et plus je l’accepte, contrairement aux rides. Pas les miennes, celles que Djibril n’a pas.
Vous avez dit : “Pendant que j’attendais que quelque chose naisse en moi, je mourrais à petit feu.” Pouvez-vous nous parler de votre combat et des leçons que vous en avez tirées ?
Devenir maman, ça a été bien plus qu’un combat pour moi, c’était la plus grande épreuve de ma vie. Je sais me battre, j’aime ça. Je suis une compétitrice. Je suis bonne gagnante et bonne perdante, je n’ai peur ni de l’effort ni de l’échec. Je ne fuis pas les difficultés et je ne m’éloigne pas des responsabilités. Au contraire, je me sers de tout ça pour avancer et progresser. Le combat et l’adversité font partie de mon parcours, sans ça, je ne serais pas là où j’en suis aujourd’hui.
Mais malgré le désir immense, la volonté absolue et les efforts indescriptibles que j’ai déployés pour devenir mère, rien n’y faisait, j’étais tout simplement impuissante. C’est un sentiment horrible, qui n’a pas la courtoisie de venir seul. Très vite, j’ai commencé à ressentir de la culpabilité et de la honte. Je n’osais même plus affronter le regard des gens, convaincue que tous se moquaient de moi. Après tout, même les grenouilles savent faire des enfants, pourquoi je n’y arrive pas moi ? Voilà pourquoi je me suis sentie mourir de l’intérieur, rongée par une solitude et un désespoir grandissants.
La suite, vous la connaissez, Lou est venue au monde et elle a balayé tout ça en un seul cri.
Les leçons que j’ai tirées de cette épreuve sont nombreuses. J’ai appris l’humilité, la vraie. J’ai découvert certaines de mes limites. J’ai appris à hiérarchiser mes ambitions, à relativiser mes problèmes. Cette épreuve m’a également permis de réfléchir profondément à ma condition de femme, à mieux comprendre l’ampleur et la profondeur des pressions et des oppressions auxquelles nous sommes soumises, quel que soit notre statut social, nos professions et nos cultures.
Il faut apprendre à s’écouter et à se faire confiance, les filles. Désolée si ça fait un peu ‘démago’, mais gardez la foi, nous ne sommes jamais seules. Et croyez en vos rêves, pas ceux des autres.
Je vous propose trois scènes : le Pranzo votre toute première ; le Jamel Comedy Club celui qui vous as propulsé; et le Théâtre des Champs-Élysées celui qui as juste redéfinit votre statut ; Dans lequel aimeriez-vous rejouer à l’instant ?
Le Théâtre des Champs-Élysées, sans hésiter. Non seulement pour le lieu, qui est absolument incroyable, mais surtout pour le moment qui fut celui de l’accomplissement et du soulagement. Quand on vient avec un nouveau spectacle, le choix de la première salle est important ; tout est réfléchi, c’est la même chose pour un retour. Le Théâtre des Champs-Élysées n’a jamais accueilli de stand-up avant mon spectacle, et je voulais inviter mon public dans un écrin prestigieux. Mon public a grandi, et j’aime le chouchouter.
C’est devenu des proches qui me suivent et qui m’attendent. Remplir une salle aujourd’hui, c’est un exploit, surtout à une époque où tout est disponible sur les plateformes. Mon spectacle fait 2h20, et les gens doivent être bien assis pour le voyage auquel ils vont assister. Je me suis offert ce magnifique endroit qui me semblait impossible à atteindre il y a quelques années. Ce spectacle en valait la peine.
Qu’est ce que “ Nouvel act“ et comment s’inscrire ?
Nouvel Act, au départ, c’est des masterclass qui proposent une formation à la comédie, à l’écriture et à la réalisation. Nos élèves peuvent compter sur des intervenants et des coachs expérimentés, bien ancrés dans leurs disciplines. Les cours et les conseils prodigués ne se limitent pas à des contenus théoriques ; il s’agit avant tout d’apprentissages concrets et pragmatiques. Notre objectif ? Transmettre des outils, des astuces et des méthodes efficaces pour encourager le passage à l’acte.
Au-delà de ça, notre ambition est d’offrir à des personnes aux profils différents, voire atypiques, un véritable accès au monde du spectacle vivant et du cinéma. Ce milieu reste, malgré tous les efforts et tous les discours, très fermé, élitiste et, disons-le, plutôt parisien. Si l’on reprend l’image du plafond de verre, Nouvel Act est un pic à glace pour le briser.
C’est dans cette dynamique que Nouvel Act, le comedy club, a vu le jour à Bruxelles. Quitter ma Belgique natale pour Paris a été une aventure incroyable, mais également un grand déchirement. Il me tenait vraiment à cœur d’ouvrir une scène chez moi, pour offrir du bonheur à un public excentré et permettre aux nouvelles générations du stand-up belge de tenter leur chance plus facilement.
Pour s’inscrire, il suffit de visiter notre site web où vous trouverez toutes les informations nécessaires sur nos formations et notre programmation. Alors, si vous avez envie de vous lancer dans l’aventure, rejoignez-nous et faisons ensemble briller vos talents
Qu’est ce qu’il y’avait de différent dans la rédaction de votre premier show “c’est moi la plus belge“ et de votre nouveau show “ “ tout court”?
Le niveau d’exigence sur le fond et sur la forme.
La forme parce que j’ai beaucoup travaillé sur la technique en dix ans, que ce soit sur les codes d’écriture ou sur la gestion des rythmes. Je laisse de moins en moins de place à l’improvisation et aux bricolages dans la rédaction, j’essaye de tout calibrer, de tout millimétrer. C’est un travail aussi laborieux que motivant. Et comme je savais beaucoup plus précisément ce que je voulais, j’ai su m’entourer de collaborateurs efficaces et talentueux qui m’ont apporté et qui m’apportent toujours une aide précieuse et décisive…mon metteur Marc Pistolesi, mon co auteur Gilnar Soulaiman et Julie Bargeton qui est un regard extérieur et qui n’a pas peur de me faire des retours sur mon travail.
Le fond, parce qu’il s’en est passée des choses depuis la dernière fois. Mais aussi parce que j’ai muri, j’ai pris conscience de ma condition de femme, de fille d’immigrés, d’artiste. J’ai traversé des questionnements variés, plus ou moins profonds, toujours très déstabilisants et j’ai acquis de grandes certitudes. Tout cela fait que je me suis sentie prête à assumer et à porter des messages sur des sujets qui nous concernent tous, ou presque tous, et que je n’aurais jamais osé aborder dans mon premier spectacle.
Parler nous de votre prochain spectacle tout court ?
C’est l’histoire d’une femme qui, fatiguée de se fuir, a décidé de se chercher. (Spoil : Elle a fini par se trouver).
De quoi s’inspire t’il ? Qu’est ce qu’il dénonce ?
Il s’inspire de ma vie, de la vie de mes proches, de la vie toutes ces personnes à qui je crois que je ressemble. Les femmes jeunes, les moins jeunes, les riches, les pauvres, les racisées, les pas racisées, les mariées, les célibataires, les entre les deux, les femmes qui doutent, celles qui sont sûres d’elles.
J’explore le passage dans la quarantaine, le rapport plus ou moins nostalgique à la moi d’avant, mon rapport aux autres comme individus et comme collectif. J’essaye de donner un nom aux blessures et aux fardeaux que je traine parfois depuis longtemps.
Je m’inspire aussi beaucoup de mon mari, de l’amour que nous nous portons l’un pour l’autre. Djebril est une source d’inspiration et un moteur permanent dans ma vie.
Bien sûr, je profite de tous ces sujets très personnels pour dénoncer de manière plus générale certaines injonctions faites aux femmes, (nous ne les avons pas encore toutes découvertes), les pressions sociales, patriarcales, médiatiques. Je décris la charge mentale, la charge raciale, et tout le long de ces tiraillements incessants, j’essaye d’apporter un message optimiste et combattif, parce que le but ce n’est pas que l’on sorte en pleurs ni qu’on aille reprendre la Bastille (Quoi que des fois…).
Comment vous préparez votre tournée ?
Pour ma préparation de tournée, je suis suivie par un naturopathe qui m’aide à rester en forme et à optimiser mon énergie. J’ai aussi un coach sportif avec qui je travaille quand je ne suis pas en tournée. Il me donne des exercices à faire en déplacement, ce qui m’aide à garder la forme.
Essayer de dormir le plus tôt possible est essentiel, même si c’est un défi après un show de 2h20. L’adrénaline est tellement puissante que ça complique les choses ! Je voyage en tourbus avec mon équipe, ce qui crée une ambiance unique et un style de vie particulier. On traverse la France, la Belgique, la Suisse, le Luxembourg... et on débarque souvent de nuit.
Le jour, c’est souvent promo ou répétitions, mais j’essaie au maximum de découvrir les villes qui
m’accueillent.
Cependant, manger avant de monter sur scène, c’est un peu compliqué : le trac s’invite, et du coup, tu ressens une faim d’ogre en sortant de scène. À 45 ans, manger à minuit, ce n’est pas l’idéal, mais je fais de mon mieux pour préserver ma santé tout en savourant ces moments. C’est un équilibre délicat, mais c’est aussi ça, la vie d’artiste en tournée !
Quels sont les projets , événements cinés ou encore spectacles auquel on doit s’attendre ?
Je suis en plein bouclage de plusieurs projets passionnants. Je continue à écrire pour de la série et je finalise mon deuxième film. En plus de cela, je pars en tournage sur un long métrage qui parle de la maternité, un projet sur lequel je travaille depuis 5 ans, donc c’est un véritable aboutissement pour moi. Je suis également en train d’écrire un film pour Djebril, car on aime vraiment collaborer ensemble, et il y a encore plein d’autres choses en cours.
J’essaie d’évoluer au maximum avec mes deux casquettes : celle de showrunneuse et celle de réalisatrice. C’est une direction qui me passionne beaucoup plus que d’être simplement devant la caméra. J'ai plusieurs projets en tête, mais c’est le temps qui me fait parfois défaut. J’aime donner le meilleur de moi-même dans tout ce que je fais, et ça demande du temps et de la réflexion. Mais ne vous inquiétez pas, vous allez voir ma tête dans plusieurs projets à venir, et j’espère du fond du cœur vous faire kiffer !
Y’aura t’il une saison 2 de “jusqu’ici tout va bien “?
Pour l’instant, laissez-moi d’abord lancer mon spectacle ! J’ai toujours cru qu’à vouloir être partout à la fois, on finit par faire n’importe quoi. Donc, je préfère me concentrer sur le moment présent et sur ce que je suis en train de construire.
Un mot pour Yris Magazine ?
Un grand merci, Yris ! Votre magazine est une véritable pépite, un mélange de style, de créativité et de bienveillance qui fait du bien au moral. Merci pour ce shooting incroyable pour cette couverture qui m'honore. Le shooting fut un vrai moment de collaboration, et je tiens à remercier toute l'équipe artistique qui a fait de son mieux, ainsi que Franck Glenisson et son génie. Vous êtes jeunes et ambitieux, tout ce que j'aime ! Longue vie à Yris, j’en redemande !
Comentarios